Auteur d’un essai érudit, « De la permanence païenne; sur quelques invariants anti-judaïques » (éd. du bord de l’eau), le philosophe Gérard Rabinovitch, auteur de nombreux travaux sur la Shoah, sur les racines du nazisme et de l’antisémitisme, répond dans La Revue Civique aux questions de Daniella Pinkstein.
–Daniella Pinkstein pour La Revue Civique : Votre essai que, pudiquement, vous présentez comme un « graphe » mais qui est plutôt la proposition d’une remise en perspective, a pour objet la permanence de la haine anti-juive et des expressions anti-juives au cours des siècles. Permanence que rien ne semble essouffler. Et si le sujet reste maintes et maintes fois questionné, les derniers événements demandent, hélas, encore à s’y interroger. Deux motifs dessinent votre argumentation inédite. D’abord, vous corrigez de manière très documentée que ces formules anti -juives n’apparaissent pas avec le christianisme mais lui sont antérieures, construites au cœur du monde gréco-romain. Le christianisme les adoptant dans ses polémiques contre les Juifs, et les répandant à mesure de l’expansion de son influence institutionnelle hégémonique. Ensuite, vous établissez également que le nazisme, s’il bénéficie d’une imprégnation de l’ostracisation des Juifs en Europe durant presque un millénaire et demi, ne postule pas à reprendre à son compte la cause anti judaïque chrétienne mais renoue par-dessus les siècles chrétiens avec la haine anti juive préchrétienne qui est – en vous suivant – fondamentalement une haine de monothéisme et des valeurs éthiques qui s’y articulent. Celle-ci ne honnit pas moins le christianisme, dans son prolongement du monothéisme éthique.
-Gérard Rabinovitch : Pour ne pas uniformiser et massifier ce qui s’est produit dans le monde antique pré chrétien, il me faut – par précaution – mentionner l’existence d’auteurs éminents qui ne stigmatisèrent pas les populations judéennes, leurs paramètres éthiques et les échafaudages pratiques qui formataient leurs mœurs. À commencer par Aristote au IVème siècle avant l’ère commune – et quelques autres que je cite, qui – chacun à leur façon et avec les références narratives de leur temps – pouvaient saluer chez les Juifs un style de « philosophes-nés » ; chez Moïse, un personnage sage et courageux ; et dans la Torah, des principes législatifs, imprimés de sens de la Justice. Mais ce ne furent pas leurs propos que les siècles ultérieurs retinrent.
-Daniella Pinkstein : Justement, vous argumentez qu’à la différence de ceux-là, et a contrario, l’axe sur lequel se sont construites les violences sémantiques contre les Juifs était celui d’une hostilité spirituelle et cognitive au Monothéisme hébraïque. Et vous dites que se sont celles-ci qui ont pris souches.
-Gérard Rabinovitch : Oui ! Elles émanent de pamphlétaires, rhéteurs, autant que d’écrivains érudits. Notoirement, parmi les premiers, de Manéthon, Apion, Molon, Damocritus ; et, pour les seconds, de Tacite, Juvénal, Sénèque, Cicéron, dont l’écho nous est parvenu via des écrits devenus des classiques des dites « humanités » européennes. Dans ce lot, Manéthon, Apion, Tacite se distinguent par l’architecture de leur répugnance, de leur malveillance, dont les hyperboles affabulatoires et les acrimonies sémantiques vont se constituer en autant d’armes de bouche. Ainsi que je les nomme. Comme on dit « armes de poing » ou « armes par destination ».
–Daniella Pinkstein : En quoi le Monothéisme est-il si dérangeant, et quelles péjorations lui sont attribuées ?
-Gérard Rabinovitch : Manéthon, prêtre égyptien hellénisé et auteur d’une vaste histoire des Pharaons au IIIème siècle avant l’ère commune, ne pardonne pas aux hébreux de rejeter le culte de ceux-là, et les traitent de ramassis de lépreux. Ne pardonne pas à Moïse, selon lui un prêtre égyptien prenant la tête de cette cohorte « maladive » et leur enjoignant de ne pas rendre de culte aux divinités égyptiennes. Il est notable que de tous les Pharaons dont il dresse les portraits, un seul est péjoré : Akhénaton, le pharaon monolâtre. Manéthon installe alors, pour la gloire des Pharaons, un contre-récit de l’« Exode ». « Exode » qui prendra le sobriquet de « fable des hébreux ».

Au 1er siècle d’avant l’ère commune, Apion invente une nouvelle calomnie anti-juive, au redoutable destin pérenne : celle du meurtre rituel.
Apion, égyptien hellénisé, péremptoire et narcissique, au 1er siècle d’avant l’ère commune, dont Flavius Joseph, Tibère, Pline soulignaient le charlatanisme, reprend dans son Histoire d’Égypte, les fables venimeuses de Manéthon et, pour renchérir, accuse les Juifs d’être des propagateurs de maladies à commencer par la lèpre, des fauteurs de sédition, de n’élever aucune statue aux Dieux. Il dénonce la pratique de la circoncision et invente une nouvelle calomnie au redoutable destin pérenne : celle du meurtre rituel. Un prétendu meurtre sacrificiel annuel d’un grec dans le Temple.
Tacite, enfin, qui – puisant chez Apion – s’insurge contre le Monothéisme hébraïque, source selon lui de toutes les « basses et abominables » coutumes juives, conséquences du culte monothéiste. Le Dieu unique, qui s’oppose aux dieux à la ressemblance de l’homme. Le refus de toutes effigies dans les rues et les temples dressées à la gloire des dieux, des rois, des Césars. Ici, dans cette occasion, s’origine l’accusation de « déicide » dont on sait le devenir ultérieurement, particulièrement accablant. Tacite incrimine encore le repos du 7ème jour, assimilé à de la paresse ; la pratique de la circoncision – une constance… – ; un supposé refus de manger et de coucher avec des étrangers. Et – pour comble de l’antinomie judaïque qu’il dénonce, Tacite reproche aux Juifs : « de regarder comme un crime de tuer un seul des enfants qui naissent ». Un principe qui – en effet – s’oppose à l’usage païen de ce qui s’appelait en ces temps-là, l’« exposition des nouveaux nés ». Soit l’abandon dans les rues des bébés non souhaités, livrés aux bêtes carnivores ou au bon plaisir des passants.
Ainsi s’est construit un ensemble d’assertions chimériques, de fantaisies fielleuses, intriquées à une répugnance princeps du monothéisme et de ses us et coutumes, catalogués de « sinistres » et d’« infames » par Tacite, toujours. Sigmund Freud pourra évoquer la sensorialité païenne braquée contre le renoncement pulsionnel et les sublimations afférentes de la psyché monothéiste.
Quand les premiers Chrétiens sont, à l’identique des Juifs, dénoncés comme « ennemis du genre humain », accusés de « cannibalisme » et de « sorcellerie »…
-Daniella Pinkstein : Vous rappelez que les premiers chrétiens sont eux -mêmes victimes d’attaques similaires.
-Gérard Rabinovitch : En effet, ils sont – à l’identique des Juifs – dénoncés comme « ennemis du genre humain ». Accusés de « cannibalisme » et de « sorcellerie ». C’est que, dans l’entendement païen, ils ne se distinguent pas pendant plus d’un siècle du monde judéen dont ils sont issus. Là encore, c’est leur monothéisme et ses paramétrages éthiques qui sont visés et stipendiés.

-Daniella Pinkstein : Comment alors les formules anti juives païennes se sont-elles ancrées dans le christianisme ? Pourquoi ont-elles en quelque sorte si bien et si longtemps fonctionnées dans ce monothéisme que l’on pourrait supposer parallèle, né des entrailles du judaïsme ?
-Gérard Rabinovitch : Dans ses temps séminaux, le christianisme – qui n’en porte pas encore le nom (celui-ci ne commence à être endossé qu’en l’an 70 avec Ignace, évêque d’Antioche, puis résolument qu’après 135) – connait deux polarités spirituelles : l‘Ecclésia ex circumcisione et l’Ecclésia ex gentibus. La première sise à Jérusalem, la seconde à Antioche. La première de locution hébraïque et araméenne, la seconde d’expression grecque. En prenant la précellence sur le groupe de Jérusalem, les « Antiochiens » adoptent, au second siècle de l’ère commune, dans les virulentes polémiques qui les opposent aux Juifs, les formules à disposition, en grec et latin et à leur portée. Comme ils adoptent les codes iconiques de la symbolique des représentations romaines.
Affabulatoires et hyperboliques, elles passeront du statut rhétorique d’arguties polémiques à celui d’essentialisation stigmatisante, enkystée dans la trame de la culture occidentale. Ce jusqu’à la prise spirituelle de Rome avec la conversion de Constantin et la construction du Corpus juris civilis, intégrant un traitement spécifique discriminatoire des populations juives : Servitus Judaeorum (Servitude des Juifs).
S’ajouteront à Rome d’autres stéréotypes anti-juifs : l’accusation de débauche, en inversion de l’ascétisme promu par les apologètes chrétiens ; ainsi que celle du prêt usuraire à partir du Moyen-Âge, considérée comme démoniaque
Notons qu’au passage, s’y ajouteront d’autres stéréotypes stigmatisants absents dans le monde gréco-romain : l’accusation de débauche, en inversion de l’ascétisme promu en étalon par les apologètes chrétiens ; et celle du prêt usuraire à partir du Moyen Âge, pratique considérée comme démoniaque, interdite aux chrétiens sous peine d’excommunication, et imposée à de seuls Juifs. Avec un double bénéfice pour les autorités ecclésiastiques : pratique nécessaire aux échanges économiques, elle est ainsi maintenue et, simultanément, pratiquée par quelques-uns des Juifs, elle alourdit encore la barque des charges contre les Juifs dans leur ensemble massifié. À cet aune, les Juifs seront assujettis en tapis sur lesquels les peuples européens vont essuyer leurs pieds et livrés en pâture aux furies des jouissances meurtrières récurrentes en quête de proies.
–Daniella Pinkstein : L’autre originalité éloquente de votre essai c’est que vous semblez vous démarquer des interprétations standards de l’avènement du nazisme, qui le placent sous le registre d’une régression culturelle, tout comme de celles qui ne discernent dans l’antisémitisme que la continuation d’un antijudaïsme chrétien, instrumentalisé pour séduire des masses imbibées de celui-ci.
-Gérard Rabinovitch : Plutôt que « culturelle » – quoiqu’en effet cela prend ses marques dès le XVIIIème siècle dans ce qu’on appelle « productions culturelles » – j’essaie d’établir que c’est d’une régression éthique dont il s’agit. La langue éthico cognitive de la « Seconde modernité » est bifide. Elle serpente entre deux tendances. Y prennent résidences, ce que Sigmund Freud identifie comme deux pulsions fondamentales dans l’espèce humaine, la pulsion de vie et la pulsion de mort ou plutôt de « destruction » qui irriguent chacune.
D’un côté, elle tient toujours sa source dans les « patterns » originels d’un monothéisme éthique qui fait sève en Europe. « Raison », « Vérité », « Justice », « Liberté » sont ses poinçons. Et les « conquêtes » de droits (du travail, de l’éducation, de la santé publique, de la presse, d’association, de votes, des minorités nationales, etc.) au cours du XIXème siècle, en sont l’expression politique dérivée, et un prolongement lointain sécularisé. L’autonomie subjective et le libre débat pour le bien commun font sa disposition d’esprit.
De l’autre, simultanément s’y déploie une dynamique de désaffiliation du monothéisme originaire de Judée et de ses montages civilisationnels « normatifs », transmis en surgeon, et diffusé à sa façon propre, par l’ensemble de la chrétienté.
-Daniella Pinkstein : Vous avez quelques exemples indicatifs ?
-Gérard Rabinovitch : L’élégie aux « Dieux de la Grèce » de Schiller. La « Physiognomie » de Lavater, qui met le « profil grec » en parangon expressif d’une supposée vertu de l’âme. Le « canon » esthétique hellénistique de Winckelmann, fondateur de l’histoire de l’art. La « paléontologie linguistique » de William Jones, qui origine au sanskrit l’ensemble des langues européennes ; et où fait acte de naissance l’« aryanisme » à venir. Les projections « eugénistes » de Vandermonde, de Cabanis, et quelques autres personnalités notables de la médecine du XVIIIème siècle, qui proposaient le traitement sélectif des humains sur le modèle de l’élevage animal. Sans oublier de mentionner Sade, et sa Philosophie dans le boudoir, invitant à renouer avec le geste antique d’élimination des enfants indésirables ou mal formés. Ils en avaient fait signal et virtuelle semence avant la fin du XVIIIème siècle. En manière d’ébauches d’un désarrimage avec les scénographies, esthétiques, cognitives, et éthico-pratiques, déclinées du monothéiste.
Cette poussée désaffiliante cherche dans un hellénisme esthétique chez des artistes et, dans un galimatias de grécomanie et de greffons scientistes néo spartiates, chez des idéologues, une ressource de légitimité alternative contre le champ référentiel biblique. Là, trouveront, au XIXème siècle, leurs matrices : l’euthanasie, l’eugénisme, et la reconfiguration scientiste de l’antijudaïsme chrétien, en antisémitisme racial et zootechnique. Là encore se forgent les paramétrages accueillants d’une discursivité qui formule les fers sémantiques d’un totalitarisme mortifère.
Dans le parcours des productions nazies, court une haine sans borne du judaïsme, du christianisme, de droit romain tardif décrété « enjuivé », de l’humanisme de la Renaissance, de la Révolution française, du libéralisme démocratique.
Sur cet axe, le nazisme n’est pas un accident contingent fortuit mais était une virtualité de la Modernité qui pouvait ne jamais advenir mais qui, à la suite de contingences historiques successives, a trouvé en Allemagne les conditions d’établissement de ce que le philosophe Karl Jaspers nomma « une crise de l’esprit et de la foi « qui se développa dans tout le monde occidental. Freud, avec une intuition acérée, évoqua à ce propos des « mal baptisés », enclins à un « polythéisme barbare ».
Il est significatif que dans le parcours des productions pseudo politiques, idéologiques, nazies, court une haine sans borne du judaïsme, du christianisme, de droit romain tardif décrété « enjuivé », de l’humanisme de la Renaissance, de la Révolution française, du libéralisme démocratique.
S’adossant à des scènes originelles antiques qui déplaçaient l’origine et faisaient des Hellènes les fils lointains de Germania tant admirée par Tacite, et s’appuyant des stéréotypes païens anti juifs, l’antisémitisme exterminateur nazi avait pour fonction de démanteler sans retour les opérateurs civilisationnels de l’Occident dans leur composante héritée du Monothéisme éthique. Ce que d’autres nomment, approximativement, au moyen du syntagme bancal et banalisé de « judéo-chrétien ».
–Daniella Pinkstein : Comment, selon vous, se déploie cette « permanence païenne » aujourd’hui ? Est-elle prégnante au sein des sociétés occidentales ? Et si oui, de quelle façon ?
–Gérard Rabinovitch : De quoi donc procèdent les propagandes techniques biomédicales ? Les variétés de pousses-au-jouir eugénistes contemporaines ? Et leurs fantasmagories « transhumanistes », apparemment affines à la « vision du monde » ambiante des GAFAM ? De quoi relèvent les intrigues euthanasistes, dites « aides à mourir » ? Prétendues expressions d’un progressisme sociétal mais qui viennent en succédanées patentes à l’abandon du progressisme social axé sur l’« aide à vivre », une vie bonne ? Nous pourrions encore ici signaler quelques déraisons symboliques. Ainsi de certaines outrances « antispécistes » qui, sous couvert d’un respect du vivant animal, tentent d’effacer, dans un genre de continuum « queer », la barrière entre l’humain et les espèces vivantes, jusqu’à la promotion de la zoophilie. Ainsi de certaines propagandes incitatives à l’aquamation, la liquéfaction des corps des décédés, en alternative d’inhumation et transformation des corps ainsi traités, en engrais. Ainsi de la promotion d’avortements « post partum », pour « confort individuel ». Suggérés jusqu’à un an après la mise au monde d’un enfant, reborn de la « présentation des nouveaux nés » indésirables, jetés aux carnivores de passage, dans l’Antiquité gréco-romaine.
Ça insiste de mille façons. Erratiques. Feutrées ou furieuses. Qui semblent, à front renversé, rhabiller maintenant d’une chasuble libertaire, les instruments de la sociographie himmlerienne. Au motif de ne rien s’interdire. En affranchissement des paramètres de toute éthique « conséquentialiste ». Et sous l’impérium de la « démocratie de marché ».
« A l’ouverture du procès de Nuremberg, le Procureur général américain Jackson déclara que « la veritable partie plaignante » à cette barre « était la Civilisation »…
–Daniella Pinkstein : Est-ce à dire – dans ce que vous désignez comme une insistance, et comme vous le dites dans votre conclusion en citant Theodor Adorno à propos du nazisme – que « nous ne savons pas encore s’il ne s’agit que du spectre de ce qui fut si monstrueux que sa mort même ne l’a pas achevé, ou s’il a réussi à ne pas mourir » ?
-Gérard Rabinovitch : À l’ouverture du procès de Nuremberg, devant le tribunal militaire international en novembre 1945, le Procureur général américain Jackson déclara que « la véritable partie plaignante » à cette barre « était la Civilisation ». Ce n’était pas là, de sa part, grandiloquence et effets de manche mais pointage de l’ampleur de ce qui avait été fracassé. Un civilizationbruch. Une rupture de civilisation. Il indiquait une voie, posait l’enjeu, nommait la catastrophe.
En revanche, ce qui ne savait pas se dire expressément, c’est de quel montage civilisationnel il s’agissait. Celui qui, précaire et claudiquant mais continu, tentait d’établir des paramétrages éthiques, cognitifs, psychiques, d’une « vie bonne » pour des sujets humains. Ou celui qui s’était chauffé et échauffé au désarrimage des valeurs déclinées du monothéisme éthique. Des principes éthico-cognitifs qui s’y sont charpentés, des récits qui l’inscrivent, des usages qui s’en déduisent.
Un désarrimage scientiste, dont les totalitarismes du XXème siècle furent les effets les plus atroces et qui ne trouva pas sa relève symbolique et « élévation dans la vie de l’Esprit » selon l’expression chère à Freud. Un désarrimage, exultant de toute puissance. Dont les emballements, dans une mécanique d’incitation croissante à ne renoncer à rien, prétendent se revendiquer de la Raison, du « Logos » ; mais qui, sous cette couverture, n’ont d’autres ambitions illusoires que de pouvoir accéder à un affranchissement définitif des mainmises du Destin, de l’ « Ananké ».
-Daniella Pinkstein : Un espoir possible ?
-Gérard Rabinovitch : Au sortir de la Guerre, le poète Paul Celan avait lancé un avertissement : « La nuit s’est ouverte, et elle est restée déclose ». Au virage actuel sur le stade terrestre de la course de fond de l’Homme vers sa possible humanité, c’est Thanatos qui court devant, retenu aux basques par un Éros trébuchant.
Il ne nous reste qu’un seul étendard, le maître mot de Walter Benjamin : Rettung : « Sauvetage »…
Gérard Rabinovitch est philosophe, sociologue, essayiste. Directeur de l’Institut européen Emmanuel Levinas-AIU, vice-Président de l’Institut universitaire Rachi à Troyes. Auteur de nombreux ouvrages dont : « De la destructivité humaine » (éditions PUF, Presses Universitaires de France) ; « Leçons de la Shoah » (édition Canope); « Philosophie clinique » (éditions Hermann); et « D’une permanence païenne » (éditions Le Bord de l’eau).
-Le livre de Gérard Rabinovitch « D’une permanence païenne ; sur quelques invariants anti-judaïques »
(24/02/2026)











