De quelle nouvelle prospérité serez-vous les acteurs ? L’appel à idées du Cercle des Economistes

Dans la perspective des célèbres « Rencontres Economiques d’Aix en Provence » qu’il organise, le Cercle des économistes lance un appel à idées s’inscrivant dans le cadre de La Parole Aux Etudiants (LPAE) qui leur est donnée depuis 5 ans au sein de ces prestigieuses Rencontres Économiques d’Aix. Le Cercle des économistes sollicite les étudiants pour qu’ils expriment leurs points de vue sur le monde de demain. Pour 2017, le thème qui a été retenu est le suivant : « De quelle nouvelle prospérité serez-vous les acteurs ? ». Cet appel à idées invite les étudiants de 18 à 28 ans, à exposer leurs idées sous la forme d’un essai de 5 pages maximum sur ledit thème. Le texte est à poster sur laparoleauxetudiants.fr avant le 2 avril 2017. 100 étudiants sélectionnés par les membres du Cercle des économistes, seront invités aux Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence et 3 d’entre eux recevront le prix « La Parole aux Etudiants » doté de 1000 euros ; sera ensuite édité un florilège des meilleures propositions. La Revue Civique a pu intérroger le président du Cercle des économistes Jean-Hervé Lorenzi sur cet appel à idées, et plus largement sur la thématique de la nouvelle prospérité.

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La Revue Civique : Comment pourrait-on caractériser l’esprit de cet « appel à idées » à destination des étudiants autour du thème « De quelle nouvelle prospérité serez-vous les acteurs ? »

Jean-Hervé Lorenzi : On peut le caractériser de deux manières différentes : la première c’est que la question qui est posée aux étudiants est toujours très proche de la question que l’on traite pendant Les Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence et donc, à chaque fois, on essaye de faire converger la réflexion des étudiants et celle des économistes qui se réunissent pendant deux jours et demi sur une configuration qui est évidemment plus large.

La deuxième raison c’est que, tout particulièrement cette année, le thème est un thème qui concerne les étudiants en premier lieu. Au fond, quand on parle de prospérité, on s’interroge sur la manière dont la société est en train de progresser dont elle peut fournir emploi, satisfaction dans la vie, bien-être aux générations qui arrivent. Et la prospérité telle que l’on peut la projeter concerne en particulier cette génération qui est celle qui va répondre à la question.

Donc pour ces deux raisons, la question posée est en réalité d’abord et avant tout liée aux réponses que Les Rencontres d’Aix essaieront d’apporter d’une manière générale à la question de la prospérité.

La Revue Civique : Nouvelle prospérité, nouvelle croissance ? Est-ce un horizon possible pour les cinq prochaines années en France et en Europe ?

Jean-Hervé Lorenzi : Oui, bien entendu, c’est possible en séparant bien ce qui est la prospérité, qui introduit une dimension humaniste, individuelle, et une dimension d’épanouissement de l’individu alors que la croissance est, par nature, plus quantitative, plus limitée et plus macroéconomique. Mais l’une comme l’autre sont en réalité des variables ou des composantes de l’exigence des uns et des autres qui peuvent tout à fait s’améliorer dans les cinq prochaines années. Dans les faits, rien ne permet de penser que la France qui a toujours su, au fond, réagir de manière assez vive à des situations difficiles n’est pas capable une fois de plus de le faire et d’apporter une sorte de maîtrise de son évolution, de sa trajectoire, qui soit positive pour le pays pris dans sa globalité comme pour chacun des individus.

La Revue Civique : L’économie et son avenir semble encore peu présente dans le débat présidentiel, comment réconcilier la France avec l’économie, l’entreprise et l’initiative privée ?

Jean-Hervé Lorenzi : Tout d’abord une remarque sur le rôle de l’économie en France. Ça fait partie des considérations presque mécaniques que l’on a en France en considérant que les gens ne s’intéressent pas à l’économie. On ne devient pas la 4e ou 5e puissance économique du monde avec des personnes qui ne s’intéressent pas à l’économie. Donc au fond, c’est une vision peut-être un peu trop caricaturale de la réalité de la relation entre les Français et l’économie.

Par ailleurs, l’économie aujourd’hui n’est pas encore tout à fait au cœur des préoccupations des Français, tout simplement parce qu’il y a des préoccupations de sécurité qui dominent tout et sont omniprésentes. Et si l’on oublie cet aspect dans les semaines qui viennent, il y aura surement une montée en puissance de la réflexion sur l’économie, des propositions diverses et variées qu’elles soient menées à gauche par Monsieur Hamon et Monsieur Mélenchon, au Centre par Monsieur Macron et à droite par Monsieur Fillon. Les propositions divergent et l’intérêt est loin d’être absent, et au fond je suis convaincue que ceci sera très important dans les semaines qui viennent.

Propos recueillis par Bruno Cammalleri

(février 2017)

► Le site des Rencontres Economiques d’Aix en Provence

 

 

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