Daniel Cordier, paroles de résistant iconoclaste

Daniel Cordier (© Photo C.Helie /Gallimard)

Daniel Cordier, jeune homme de 93 ans, a le pas alerte, le regard bleu et souriant. Celui qui a été le secrétaire de Jean Moulin pendant la Résistance reçoit la Revue Civique dans son appartement de Cannes, où il vit. Il met à l’aise. Quand on lui dit qu’on a apprécié le film « Alias Caracalla » (diffusé par France 3 et qui met en images son histoire), qu’on est honoré de le rencontrer, il évacue le formalisme: « je ne suis plus un gamin, mais ne me traitez pas comme un vieux Monsieur (rires) ». Il ajoute : « Dans mon propos, vous choisirez de publier ce qui vous intéresse. Et si rien ne vous intéresse, ne publiez rien ! » On précise que « tout intéressera ». « Non, non, non, insiste-t-il… Je me suis battu pour la liberté ; et la liberté, c’est ce qu’on choisit ! » Il continue : « Faites ce que bon vous semble. Je reste fidèle à ma jeunesse. Je me suis battu pour cela, la liberté. Et au fond, il n’y avait pas beaucoup de monde (rires) ». Le ton est donné.

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REVUE CIVIQUE : Pourquoi, et comment avez-vous basculé en juin 1940, à l’âge d’à peine 20 ans, dans la Résistance active et armée, vous qui étiez jeune militant de l’Action Française, monarchiste et antisémite ?
Daniel CORDIER : Nous sommes tous différents. Dans mon cas, il y avait une échelle des valeurs, celle des militants de l’Action Française : c’était en haut la Politique, avec Charles Maurras placé en numéro 1, et le Roi à côté… L’antisémitisme était aussi, malheureusement, assez haut, cela faisait un bloc, celui de l’extrême droite. J’avais reçu cela, en quelque sorte, en héritage familial.
Mon père a fait son service militaire, qui était de deux ans, et au moment de terminer son service militaire, la guerre de 14 a commencé. Il l’a faite bien sûr et les Allemands l’ont fait prisonnier pendant un an et demi. Je suis né en 1920. En 1924, ma mère est partie, parce que mon père était très amateur de femmes et passait son temps à voyager et batifoler…
À l’âge de 4 ans, je suis parti vivre chez ma grand-mère maternelle, qui était un personnage très drôle, original, elle faisait de la peinture. 4 ans après, mon père m’a récupéré, il m’a mis dans un collège à 200 km de chez ma mère, qui s’est remariée. Mon bon beau-père était le fils d’un journalise qui s’appelait Cordier, et qui avait fondé un journal à Bordeaux. C’était un ami de Maurras. Mon grand-père me parlait aussi de Maurras, il me citait des articles de lui, c’est ainsi que j’ai baigné dans l’idéologie de l’Action Française, à la fois monarchiste et très nationaliste.

Qu’est-ce qui a déclenché votre engagement immédiat dans la Résistance ?
C’est le discours de soumission de Pétain. Très influencé par mon beau-père et admirateur de Maurras, j’étais très engagé, je vendais des journaux dans la rue, je faisais le coup de poing… En 40, après le début de la guerre, je me suis brouillé avec mon père. Je voulais son autorisation pour être volontaire dans l’Armée, car je n’avais pas l’âge de la majorité (qui, à l’époque, était de 21 ans). Mon père a refusé. Il avait été très marqué par la guerre de 14. Je me suis brouillé avec lui et cela est resté une tache pour moi. Car mon père est mort ensuite, pendant la guerre je ne l’ai jamais revu.

À 19 ans, on a conscience de rien

Je me suis donc engagé dans la Résistance car je refusais le discours de Pétain, devenu chef du gouvernement en juin 40. Nous écoutions son discours, en famille, devant le poste de radio. Refusant de voir la France plier face aux Allemands, j’ai réuni 17 jeunes gens et nous avons, avec l’aide de mon beau-père, pris un bateau qui devait nous emmener, croyions-nous, en Afrique du Nord, où nous pensions préparer le combat pour libérer la France. Ce bateau a été détourné vers Londres…

Aviez-vous, à ce moment là, conscience des dangers ?
Non, quand on a 19 ans, on a conscience de rien. Et surtout pas du péril.
Mais quand j’ai fait mes premiers pas dans la clandestinité en France, quand j’ai été parachuté venant de Londres, j’avais très peur. D’autant que j’avais aux pieds des chaussures typiquement anglaises…

Dans cet engagement, qui ne comptait pas, c’est bien la force des caractères qui l’emportait sur les idéologies…
Oui, vous avez raison. Dans mon cas, c’était aussi une tradition familiale. Deux membres de ma famille sont morts comme combattant pendant la guerre de 14. Mon père a combattu pendant la Première Guerre mondiale et, avant d’être fait prisonnier, il a été gazé, il n’avait plus qu’un poumon. Mon enfance a aussi été marquée par le deuil des veuves de la guerre de 14. À cette époque, les femmes portaient longtemps le deuil et le voile noir. On ne voyait pas leur visage. C’était très impressionnant. C’est quelque chose qu’on a complètement oublié aujourd’hui.
Entre les deux guerres, il y avait en France cinq millions d’anciens combattants. Ils étaient les maîtres. Quand j’étais adolescent, jeune militant de l’Action Française, les anciens combattants me disaient que je ne pourrais pas faire telle ou telle chose, que quand j’aurais fais la guerre !

Volontaire à Londres en culottes courtes

Cette culture des Anciens Combattants vous a amené au combat…
Oui, le combat contre les Allemands me paraissait chose naturelle. D’ailleurs, quand j’étais tout petit, vers l’âge de 5-6 ans, je pensais que « quand on était grand », on partait à la guerre… C’était mon imaginaire d’enfant.

Et à 19/20 ans, engagé dans la Résistance, aviez- vous le sentiment de faire quelque chose d’exceptionnel, d’héroïque ?
Non, pas du tout.

Même pas l’impression d’un engagement exceptionnel à Londres ?
Non, c’est très curieux. Pourtant à Londres, le 14 juillet 1940, nous n’étions pas 3 000 à être volontaires. Il y avait environ 700 marins, 1 200 à 1 500 combattants de la Légion étrangère, qui s’étaient battus en Norvège et il y avait environ 630 collégiens, dont certains étaient encore en culottes courtes ! Par exemple, mon voisin de chambrée, dans notre campement à Londres, était Yves Guéna : il avait 17 ans quand il s’est porté volontaire. J’avais pour ma part deux ans de plus.

Vous étiez un « aîné » parmi ces collégiens, donc peut-être pour cela aussi un leader… Absolument. Comment s’est faite votre mutation idéologique ?
Cela a été très lent…

Votre première rencontre avec le général de Gaulle, à Londres, a dû vous marquer…
Lors de la première rencontre, lors du premier discours qu’il nous a tenu, j’ai été très choqué par le fait qu’il ne nous a pas remerciés. J’étais même scandalisé. Il est venu nous voir, tel qu’il était, nous étions rassemblés devant lui, il avait son officier d’ordonnance derrière lui. Sa pre-mière phrase était : « je ne vous félicite pas d’être venus, vous n’avez fait que votre devoir ! » J’étais très remonté contre lui. La deuxième fois que je l’ai entendu, à la radio, c’était à propos du pilonnage par les Anglais de la flotte française à Mers-el-Kebir. Là, j’ai été retourné comme une crêpe par de Gaulle.

Vous êtes devenu gaulliste ?
Non. J’ai admiré de Gaulle. Mais j’ai eu des divergences. Par exemple, à la Libération, notamment quand j’ai vu le retour des déportés à la gare du Nord, j’étais convaincu et porté par l’idéal européen. Cela a fait une différence importante avec le gaullisme.

Et au début des années 40, vous étiez antisémite…
Oui. Et j’ai mis du temps à ne plus l’être. En 1942, quand j’ai été parachuté en France et que j’organisais, sous la direction Jean Moulin, le financement de la Résistance, j’ai été amené à héberger des juifs, dont personne ne voulait. Je l’ai fait. Mais j’étais encore antisémite… enfin… j’avais encore des tas de préjugés, et en vérité, je ne savais plus vraiment ce que j’étais.

Qu’est-ce qui vous a fait changer ?
Un jour, dans la clandestinité, je devais partir de Lyon pour aller à Paris. J’avais rendez-vous avec mon courrier à côté de l’Arc de Triomphe, dans un café. Comme il faisait beau, je m’étais dit que j’irai vers l’Arc de Triomphe à pied, pour me recueillir sur la tombe du soldat inconnu. J’ai donc traversé Paris, avec le choc de voir la place de la Concorde et la Chambre des Députés ornées de drapeaux allemands. Il n’y avait pas de circulation, pas un bruit, c’était très impressionnant. Je suis arrivé à l’Arc de Triomphe, où il n’y avait pratiquement que des soldats Allemands. Et, là, à l’approche du café où je devais me rendre, j’ai vu un homme d’une soixantaine d’années, accompagné d’un enfant, et sur leur manteau il y avait une grande étoile jaune. J’étais stupéfait. Je n’en avais jamais vu. Il n’y en avait pas en zone libre. J’avais lu des choses sur l’étoile jaune mais je n’en avais jamais vu moi-même.

J’en ai les larmes aux yeux 

Quand j’ai vu ces deux personnes, avec cette étoile… devant moi… vous voyez, là, en vous le racontant, j’ai envie de pleurer… C’était il y a plus de 70 ans, c’était pour moi un choc. J’en ai encore les larmes aux yeux. Tout à coup, j’ai compris. Et j’aurais voulu les embrasser, leur demander pardon. À ce moment, j’ai réalisé que l’antisémitisme était un crime, que c’était monstrueux. Et je me suis dit : comment ai-je pu être antisémite ?

Dans la réalité de la Résistance, il y avait des personnalités et des courants très divers, des tiraillements aussi et, comme le montre le film « Alias Caracalla » (qui met en images votre histoire auprès de Jean Moulin), le « mouvement » ne semblait pas très cohérent…
Non, ce n’était pas cohérent du tout (rires).

L’objectif de Jean Moulin était pourtant de tenter de fédérer la Résistance, malgré les différences et les rivalités.
Pendant ma mission, qui a duré un an et demi auprès de Jean Moulin, les affaires que je traitais passaient entre 50 et 100 personnes. Je ne voyais que les dirigeants de la Résistance, que les chefs, leurs adjoints ou représentants. En zone libre d’abord, en zone occupée ensuite. Or, entre les chefs, c’était des rivalités permanentes. La grande difficulté était précisément de faire collaborer les chefs les uns avec les autres, car chacun voulait être « le » chef.
Il y en avait particulièrement un qui était comme cela, c’était Frenay. Il était capitaine, venait de l’armée française et avait rallié à lui des connaissances dans l’armée. Il avait un caractère autoritaire, le mouvement sans doute le mieux organisé, « Combat ». D’ailleurs, en novembre 1940, il pensait encore que Pétain faisait ce qu’il pouvait contre les Allemands et que la Résistance pouvait se faire sans opposition à Pétain.
Tous ces gens n’avaient qu’un seul but, libérer la France, mais ils n’étaient pas d’accord, d’une part sur les moyens à utiliser – par exemple, les communistes voulaient tout faire sauter tout de suite, d’autres tenaient à graduer les actions et à préparer au mieux la libération finale – et d’autre part, ils s’opposaient sur l’avenir politique. En fait, tous allaient à la victoire séparément. C’est-à-dire avec leurs troupes derrière eux, plus ou moins grandes et organisées. Il y avait tous les courants politiques, de l’extrême droite à la gauche extrême.

En France, il y a eu, à posteriori, une mythification de la France résistante, forte, unie et soudée autour et derrière de Gaulle, alors qu’elle était assez faible (numériquement) et assez désunie…
On a mythifié la Résistance en France, alors que le général de Gaulle, en France pendant toute la guerre et l’Occupation, ça n’existait pas vraiment. Quand Moulin est arrivé à Londres, en octobre 1941, il est venu pour choisir, entre de Gaulle et les Anglais. Dans son esprit d’homme de gauche, Moulin pensait que de Gaulle était un militaire, un réactionnaire… Son choix n’était pas fait.
Quand Moulin a vu de Gaulle à Londres, il lui a demandé : est-ce que vous êtes pour la République ?
Et quand vous rentrerez en France, est-ce que vous rétablirez la République ? « Mais, naturellement ! » a répondu de Gaulle. Moulin est resté deux ou trois heures avec de Gaulle. Et à ce moment là, il a choisi de Gaulle.

Ils voulaient être chefs de la France 

La première mission pour Jean Moulin était de rallier les gens de la Résistance à de Gaulle. Et que les actions de type militaire soient sous commandement du général de Gaulle, celui-ci devant être le Commandant en chef de toutes les armées ou de tous combattants libres, de l’intérieur (en France occupée) ou de l’extérieur. La difficulté était bien là. Les chefs de la Résistance était naturellement d’accord pour recevoir de l’argent – et j’étais, auprès de Jean Moulin, responsable de cette distribution – mais ils étaient plus lents (par exemple Frenay a mis deux mois) à reconnaître de Gaulle comme le chef de la France Libre.
Et après, jusqu’à la Libération, les chefs de la Résistance n’ont voulu qu’une chose : être les futurs chefs de la France.

Et en ce qui concerne l’arrestation de Jean Moulin par les Allemands, on a parlé d’une éventuelle trahison, venant de la Résistance…
Ce qu’il faut rappeler, c’est que les archives sur toute cette période ne sont pas encore consultables. Les archives allemandes de la Gestapo n’ont pas été, comme celles d’autres pays, rendues disponibles. Ma thèse est que Moulin a été trahi, oui, par René Hardy comme cela a été dit. Mais en tant qu’historien, je ne sais pas qui a trahi, il n’y a pas de document qui le certifie. Il va y avoir une nouvelle génération d’historiens, qui pourront éclaircir une série d’épisodes sur cette période. Ce sera dans les années 2050 quand les archives seront sans doute consultables. Seront ainsi découvertes, par exemple, toutes les lettres de dénonciations des Français. Un jour, à Pau, j’ai pu avoir accès à des archives comportant de très nombreuses lettres de dénonciation, la plupart anonymes. C’est un des grands points noirs de cette période et de l’histoire.

Quel est votre souvenir personnel le plus marquant de Jean Moulin…
J’avais 21 ans quand je travaillais auprès de lui, j’aurais pu être son fils. J’étais ébloui, par l’ensemble de sa personnalité.
Un jour, alors qu’il revenait de Londres, il a ouvert sa valise devant moi et il m’a tendu quelque chose qui était enveloppée dans du papier, en me disant : « j’ai pensé à vous, je pense que vous en aurez besoin ». J’ai ouvert, c’était une écharpe en cachemire, bleu clair d’un côté, bleu foncé de l’autre. J’étais stupéfait. Moulin n’était pas quelqu’un qu’on embrassait, il était très réservé. Dans le travail, c’était un préfet, et il était implacable de rigueur. Tous les jours, il fallait que tous les papiers soient préparés. Ce cadeau m’avait bouleversé. Il avait perdu du temps à Londres, pour chercher et choisir une écharpe pour moi.

Quelle était sa principale qualité ?
C’était l’ordre. Il fallait que tout marche. Ce qui était remarquable, c’est qu’il laissait chacun responsable de ses choix pour que ça marche. Quand, dans des moments de détente, en fin de journée après un repas, je me mettais à me plaindre d’un problème, il me disait : « c’est très bien, mais vous résoudrez le problème ». Sous-entendu : ou j’étais capable de résoudre le problème, ou il me renvoyait à Londres. C’était évident.

Il pouvait être colérique ?
Oui, cela lui arrivait. Pas contre moi, j’étais son collaborateur et son témoin aussi, lors de longues réunions avec les chefs de la Résistance. Mais quand les décisions n’avançaient pas ou été bloquées, cela lui arrivait d’exploser de colère. Puis, il prenait sur lui. Et il partait des réunions, sans aucun papier ou document sur lui. Je portais tous les papiers et les documents nécessaires. Pour que, lui, si on le fouillait lors d’un contrôle, on ne puisse pas l’arrêter.

« Vous résoudrez le problème » disait Moulin

 Aujourd’hui, que diriez-vous aux jeunes ? Quelles seraient la ou les causes qui pourraient porter l’engagement jusqu’à donner sa vie ?
Il y en a une. Quand une armée étrangère bat votre armée nationale et menace votre pays, vous devez vous engager car, à la fin des fins, il faut gagner ! C’est pour cela que je suis parti combattre. Je pensais partir en Afrique du Nord, et notre bateau a été détourné vers Londres… et l’histoire m’a amené auprès de Jean Moulin.

Aux jeunes d’aujourd’hui, même si la situation n’a évidemment – et heureusement – rien à voir, que dîtes-vous ?
Je leur dis : il faut se battre pour ses idées.
Pour ma part, si la Résistance était à recommencer, je la referais. C’est la seule chose de ma vie que je recommencerais les yeux fermés !

La lutte contre le fanatisme et l’islamisme radical, qui a conduit à l’intervention de notre armée au Mali par exemple, est-elle une cause majeure aujourd’hui ?
Oui, bien sûr, il faut lutter contre l’islamisme. Le sort que les islamistes réservent aux femmes est une véritable honte. C’est criminel. Nous sommes tous égaux. C’est un combat noble à mener.

Pour cela, je suis Européen

Une intervention militaire se justifie, selon vous, dans ce genre de cas ?
Oui. Et dans ce qui nous oppose aussi à la Syrie, nous avons eu raison de vouloir intervenir. Ce qui est stupéfiant, et qui montre l’état de l’Occident, c’est qu’aux États-Unis, il n’y a qu’une minorité à vouloir agir et qu’en Europe, il n’y a plus personne, en dehors de la France, à vouloir agir… Et si le Président de la République soumettait cette question au vote, je pense qu’il serait minoritaire. C’est effrayant. L’usage de l’arme chimique et les milliers de morts en Syrie devaient appeler une large prise de conscience et une intervention. La situation est monstrueuse.
Et ce qui s’est passé, par exemple en Angleterre, à la Chambre des Communes est effrayant…

L’esprit de résistance face aux monstruosités est ultra-minoritaire…
Il n’existe quasiment plus. C’est pour cela que je suis Européen, car si on arrive, avec les Allemands et les autres, à organiser l’Europe, c’est un espoir. J’espère qu’un jour on arrivera, peut-être, à récupérer les Anglais. C’est incroyable que pour les grandes décisions, les Anglais ne soient pas vraiment en Europe…
Mais le centre du monde n’est plus en Europe, ni en Amérique, il est en Orient.

Propos recueillis par Jean-Philippe MOINET
(In La Revue Civique n°12, Automne 2013) 

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