Une certaine idée du civisme et de la vigilance républicaine: Aurore Bergé, « un besoin de respect et d’autorité »

La Revue Civique amorce une série d’entretiens sur « une certaine idée du civisme » et de la vigilance républicaine à déployer dans une période trouble où les fondements de la République sont menacés par les radicalités diverses qui s’auto-alimentent. Aurore Bergé, Ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, donne dans cette vidéo ici sa définition du civisme et répond à la question de la vigilance républicaine.

« On a besoin que l’autorité puisse continuer à s’exercer, pour délivrer des savoirs, pour réussir à les transmettre »

Interrogée sur sa définition du civisme, Aurore Bergé observe d’abord qu’il y a un grand « besoin de reconnaissance et de respect » de la part des Français, le respect des citoyens dans leurs différences ayant aussi pour corollaire une exigence: « aux élus et dirigeants (politiques) d’être respectables » dans la manière dont ils « exercent leurs responsabilités » et la manière dont ils « sont capables de tenir leurs engagements », nous déclare-t-elle. Aurore Bergé ne déplore pas moins que, dans la société, « le respect se délite à tous les niveaux » et précise qu' »entre les croyances et la science, on n’est pas dans les mêmes rapports » (d’égalité), qu' »entre l’enseignant et l’élève, on n’est pas dans les mêmes rapports ». Elle souligne: « on a besoin que l’autorité puisse continuer à s’exercer pour délivrer des savoirs, pour réussir à les transmettre ».

« La laïcité est un levier de liberté et de protection (…) elle garantit qu’on puisse habiter dans la même pièce malgré les différences »

A la question de la « vigilance républicaine » devant être activée dans la période trouble dans laquelle la France est entrée, elle estime qu’il faut veiller à écarter les discours théoriques, pour éviter « que la République devienne un sujet de colloque »: il est essentiel, selon elle, « de démontrer ce que les valeurs républicaines permettent », concrètement. Dans cette entretien avec la Revue Civique, elle prend l’exemple de la Laïcité : « l’universalisme et la laïcité permettent l’accomplissement individuel et permettent de tenir collectivement. Les appartenances ou les identités particulières peuvent vivre en liberté bien sûr, mais elles ne peuvent pas prendre le dessus sur un projet collectif, le projet républicain ». « La laïcité est un levier de liberté et de protection, insiste-t-elle, la laïcité n’entrave pas mais libère, elle garantit qu’on puisse habiter dans la même pièce malgré les différences », qu’elles soient religieuses ou autres d’ailleurs. Un espace commun précieux que garantit la République, ses textes fondateurs et ses valeurs fondamentales.

En cette période de tensions, violences et radicalités diverses, Aurore Bergé reste-t-elle optimiste ? Sa réponse ici à la #RevueCivique

(02/11/2026)

Le livre d’Aurore Bergé, « Nos combats pour la République. Un appel à se dresser face aux défis de notre temps » (Robert Laffont; mars 2025)